Qu’appelle-t-on la diversité en entreprise ?

C’est un terme que l’on entend régulièrement dans le monde professionnel. Mais que signifie-t-il exactement? Tout d’abord, il convient de rappeler qu’il ne s’agit pas d’un terme juridique. Il n’a donc aucune valeur sur ce plan-là. C’est à partir de 2005 que l’on a commencé à parler de « diversité en entreprise » suite aux émeutes dans les banlieues françaises.

La diversité concerne donc la lutte contre toute discrimination quelle qu’elle soit (homme-femme, nationalité, présence d’un handicap, orientation sexuelle etc.) bien qu’à la base elle soit née des dangers de la discrimination sur l’origine ethnique. Ainsi, l’on peut considérer qu’il s’agit d’un outil pour prévenir les discriminations en milieu professionnel et favoriser les conditions de travail en permettant à tout collaborateur de sentir bien intégré dans la structure où il travaille.

Favoriser la diversité en entreprise contribue donc à une meilleure richesse culturelle, davantage de productivité (certains collaborateurs apportant de nouvelles techniques de travail par exemple). Ceci est le fruit de plusieurs études sur le sujet. En effet, le croisement de points de vue (ex: études différentes) enrichit le dialogue, les bonnes conditions de travail et les réponses envisageables face à une problématique.

Par ailleurs, humainement parlant, la diversité tend à surmonter les stéréotypes comme quoi telle ou telle différence ferait d’un collaborateur un salarié moins productif ou au salaire plus onéreux.

 

Origines et définition de la charte de la diversité

Etablie en janvier 2004 par un rapport publié par l’Institut Montaigne (groupe de réflexion sur la compétitivité et la cohésion sociale), la Charte de la diversité a été proposée par Claude Bébéar et Yazid Sabeb, hommes d’affaires français auprès de plusieurs entreprises et PME, premiers signataires de la charte. Considérée comme facteur de progrès pour l’entreprise, la charte de la diversité tend à favoriser le pluralisme via le recrutement, la gestion des conditions de travail ou l’évolution de carrières. Par exemple, Lidl propose des perspectives de carrières attractives grâce à la mobilité interne comme l’indique Cadremploi.

La charte n’a pas de valeur juridique mais une valeur morale en rappelant des principes importants du droit français comme celui du respect de la dignité humaine et l’interdiction de certaines discriminations.

Objectifs de la charte

La charte de la diversité vise ainsi à non-discriminer ni à l’embauche ni lors des conditions de travail dans l’entreprise. Les facteurs discriminatoires peuvent être l’âge, le sexe, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, les opinions politiques et/ou religieuses, le handicap et l’état de santé en général, la grossesse ou situation familiale…

Les articles de la charte

Six articles constituent le texte de la charte de la diversité :

Le premier vise à la sensibilisation des chefs d’entreprise ou collaborateurs impliqués dans le recrutement, la formation et l’évolution professionnelle aux enjeux de la non-discrimination

Le second article entend respecter et promouvoir ce principe de non-discrimination.

Le troisième concerne les niveaux de qualification : celle-ci doit refléter la diversité culturelle de la France via la diversité culturelle et ethnique.

Le quatrième article s’axe autour de la communication : l’ensemble des collaborateurs doit être impliquée, toujours dans un principe de non-discrimination. L’engagement doit également faire l’objet d’informations sur ses résultats pratiques.

L’avant-dernier article établit ce que l’on appelle un objet de dialogue sur le sujet de politique de diversité mise en place dans l’entreprise. Ce dialogue s’effectue avec les représentants du personnel.

Enfin, le dernier article de la charte de la diversité concerne l’inclusion d’un rapport annuel comprenant un chapitre descriptif de la politique de non-discrimination (les actions, pratiques et résultats).

Une Charte soutenue par plusieurs organismes

Réseaux d’entreprises, organismes publics et grandes organisations patronales soutiennent la Charte de la diversité. L’on peut citer (liste non exhaustive) : l’Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie, le réseau Alliances, la Fondation Agir contre l’exclusion ou encore l’Institut de l’Entreprise et la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité.

Les signataires

Depuis sa création, de nombreuses entreprises ont signé la charte de la diversité : à la fin de l’année 2004 (année de sa création, rappelons-le), 33 grandes entreprises avaient signé la charte. 10 ans plus tard en 2014, ce chiffre s’élevait à 3245 sociétés ! Aujourd’hui, elles sont bien plus nombreuses, ce qui est encourageant pour la diversité en entreprise. Par exemple, Adidas et Lidl font partie des signataires pour leurs bonnes conditions de travail et l’intégration dans l’enseigne, et ce seulement deux ans après la création de la charte. Vous pourrez retrouver l’ensemble des signataires sur le site officiel de la charte de la diversité. Les signataires français de la charte se situent dans tous les départements, de l’Aquitaine à la région PACA en passant par la Bretagne, l’Alsace…et sont environ 3780 signataires actuellement.

Comment signer la charte ?

Vous êtes une entreprise et souhaitez signer la charte ? Il vous suffit de compléter deux formulaires disponibles sur le site officiel de la charte et les envoyer (comprenant des frais de signature selon le nombre de collaborateurs de votre entreprise). Rappelons que seul le chef d’entreprise (et non le responsable du recrutement) est habilité à signer cette charte de la diversité pour l’engagement de sa société envers la non-discrimination.